Louis de Funès devrait avoir : 103 ans

Louis Germain David de Funès de Galarza dit Louis de Funès de son 1m64 est né le 31 juillet 1914 à Courbevoie et mort le 27 janvier 1983 à Nantes, était un acteur français d’origine espagnole. Il avait également adapté quelques scénarios au cinéma et réalisé un film. 

Louis de Funès est un des acteurs comiques les plus célèbres du cinéma français d’après-guerre. Le personnage de français moyen impulsif, râleur, au franc-parler parfois dévastateur qu’il a incarné depuis le milieu des années cinquante fut très populaire dans les années 1960, 1970 et 1980, assurant des succès commerciaux à ses films1. Encore aujourd’hui, il est toujours considéré comme une référence emblématique du cinéma populaire français et est internationalement connu.

UNE FAMILLE EXILEE

Né à Courbevoie le 31 juillet 1914, Louis de Funès est le troisième enfant3 d’un couple arrivé d’Espagne en France en 1904 après que son père, Carlos Luis de Funes de Galarza (1871-19344), eut enlevé sa mère Leonor Soto y Reguera (1878-19575) parce que la famille de celle-ci s’opposait à leur union.

 Son père, qui ne peut plus exercer sa profession d’avocat (comme il le faisait en Espagne) depuis son installation en France, s’improvise diamantaire. Ce père, préoccupé par l’avenir de son fils, personnage un peu fantasque qu’il a peu connu, semble avoir eu moins d'influence sur lui que sa mère. Ainsi, Louis de Funès a raconté qu’elle fut son premier professeur de comédie : « Il arrivait à ma mère de me courser autour de la table en criant “Yé vais té touer”, dans sa façon d’être et d’agir, elle possédait, sans le savoir, le génie des planches. ». Elle lui donne également ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans10. Louis de Funès passe toute son enfance à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, aujourd'hui Val-de-Marne) où il fréquente l'école Jules Ferry.

En 1930, à 16 ans, après des études secondaires moyennes au lycée Condorcet et sur les conseils de son frère devenu fourreur, Louis de Funès entre à l’École Professionnelle de la Fourrure, mais il en est renvoyé, pour chahut. Il travaille ensuite chez plusieurs fourreurs, exerce successivement différents métiers, mais, à cause de ses renvois systématiques et par lassitude de ses frasques professionnelles, ses parents l’inscrivent en 1932 à l’École Technique de Photographie et de Cinéma (ETPC), aujourd'hui École nationale supérieure Louis-Lumière, située à deux pas de son domicile, où il choisit la section cinéma. Dans les cours, il a notamment pour condisciple Henri Decaë, qui fut, bien plus tard, directeur de la photographie sur plusieurs de ses films. Finalement, il est renvoyé pour incendie volontaire.

Commence alors le cycle de périodes de chômage et d’emplois (étalagiste, dessinateur industriel pour le carrossier Labourdette, puis le constructeur automobile Rosengart, aide comptable, etc.) d’où il finit toujours par se faire renvoyer. En 1936, il épouse sa première femme, Germaine Louise Élodie Carroyer. Un enfant naît de cette union en 1937, Daniel de Funès16, mais le couple se sépare très vite, même si le divorce n’est prononcé qu’en 1942. Bientôt, il commence à se faire engager comme pianiste de bar1. Il joue dans un grand nombre d’établissements, enchaînant des soirées de douze heures (de 17 h 30 à 5 h 30 du matin), payé à la coupelle (le pourboire des clients) ou touchant un cachet de misère. Le cinéaste Georges Lautner se souvient : « Je l'ai rencontré en 1942 lorsqu'il était pianiste à la Madeleine. Dans un bistrot à Bagatelle, il tenait le piano à 4 mains avec l'inspecteur. Lorsque ce dernier jouait seul, de Funès montait sur le piano et chantait ».Louis de Funès est alors un excellent musicien, selon Eddie Barclay, car il a l’oreille musicale – ce dont il se servira dans certains de ses films, tels que La Rue sans loi, Frou-Frou, Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Grand Restaurant ou encore L’Homme orchestre – et possède une bonne connaissance du cinéma de son époque.

 LES DEBUTS DU COMEDIEN

En 1942, à l’âge de 28 ans, il décide de devenir comédien, et s’inscrit au Cours Simon, réussissant son concours d’entrée grâce à une interprétation d’une scène des Fourberies de Scapin, de Molière21. Même s’il n’y fait qu’un court passage, il croise dans le cours d'autres apprentis comédiens, comme Daniel Gélin, qui lui permet de débuter plus tard dans la pièce L’Amant de Paille, de Marc-Gilbert Sauvajon : « Un hasard prodigieux. Je descendais d’un wagon de première dans le métro et Daniel Gélin, déjà croisé au cours René-Simon, montait dans un wagon de seconde. La porte allait se refermer lorsqu’il me crie “Téléphone-moi demain. J’ai un petit rôle pour toi.” ». À côté de quelques petites figurations théâtrales, l’acteur se démène pour gagner sa vie grâce à ses activités de pianiste, donnant parfois des cours le jour, puis jouant la nuit à travers le Paris nocturne. Louis s’étant remarié en 1943 avec Jeanne Augustine Barthélemy dit de Maupassant, ils habiteront un petit deux pièces au 42, rue de Maubeuge. En 1944, il a un deuxième fils, Patrick, et, en 1949, un troisième fils, Olivier, qui tiendra quelques rôles au côté de son père, au cinéma comme au théâtre.

En 1945, toujours grâce à Daniel Gélin, il débute au cinéma dans La Tentation de Barbizon, de Jean Stelli. Dans le minuscule rôle du portier du cabaret « Le Paradis », il prononce sa première réplique à l'écran en voyant un client (interprété par Pierre Larquey) essayer de passer à travers la porte fermée : « Ben, il a son compte celui-là, aujourd’hui ! ». Ce rôle est le départ d’une course à la participation dans des productions cinématographiques, l'acteur enchaînant silhouettes, figurations et petits rôles. Quelquefois, il incarne même plusieurs personnages dans un même film, comme pour Du Guesclin, de Bernard de Latour, en 1948, où il tient tour à tour le rôle de mendiant, chef de bande, astrologue, seigneur, etc. 

UNE IRRESISTIBLE ASCENSION VERS LA TETE D'AFFICHE

Au début des années 1950, Sacha Guitry lui confie plusieurs petits rôles, notamment dans La Poison (1951), Je l'ai été trois fois (1952), Si Paris nous était conté (1955) et surtout La Vie d'un honnête homme (1953) où il a un rôle un peu plus consistant de valet de chambre « obséquieux et fourbe, presque inquiétant l'espace d'un plan ». Dans ce film, son personnage s'affine un peu plus – « il apparait “au naturel”, sans grimace ni moustache » – et il est associé pour la première fois à Claude Gensac. En 1952, il rejoint la troupe des Branquignols dirigée par Robert Dhéry. Il débute d’abord dans la revue Bouboute et Sélection, puis dans Ah ! les belles bacchantes en 1953. Cette revue obtient un grand succès – deux années de représentations – et contribue à le faire connaître. De plus, intégré dans une troupe dédiée au comique, l’acteur va perfectionner sa technique et explorer des facettes de son talent jusque-là délaissées. On le retrouve l’année suivante dans l’adaptation à l’écran du spectacle, Ah ! les belles bacchantes de Jean Loubignac, qui est son premier film en couleurs. Cette même année, il joue face à Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes d’Henri Verneuil et pour la première fois face à Bourvil dans Poisson d’avril de Gilles Grangier. Jean-Paul Le Chanois, après lui avoir confié deux petits rôles dans Sans laisser d'adresse (1951) et Agence matrimoniale (1952), lui offre le second rôle de M. Calomel dans la comédie populaire à succès Papa, maman, la bonne et moi (1954) et sa suite Papa, maman, ma femme et moi (1956).

En 1956, il obtient un début de reconnaissance au cinéma dans La Traversée de Paris, de Claude Autant-Lara, où il joue l’épicier Jambier. Il s’impose avec force face à Jean Gabin et Bourvil, dans une prestation de quelques minutes au cours de laquelle il dessine en quelque sorte son futur personnage : lâche devant « le fort » (Jean Gabin) et colérique devant « le faible » (Bourvil). Même si le film a atteint aujourd’hui le statut de film culte, il connaît à sa sortie un succès public mitigé[réf. nécessaire]. Dès l’année suivante, Maurice Regamey lui offre son premier rôle principal dans Comme un cheveu sur la soupe. Son interprétation d'un compositeur suicidaire vaut à l’acteur le Grand Prix du Rire 1957, sa première récompense et le film, « petite production sans prétention, qui aurait dû passer inaperçue, tient l'affiche de très longues semaines. ». Toujours en 1957, il est la tête d’affiche de Ni vu... Ni connu..., d’Yves Robert, dans le rôle du braconnier Blaireau. Accompagné de son chien « Fous le camp », cet « avatar rural de Guignol » brave toutes les formes d'autorité et finit toujours par échapper au garde-chasse. Le film est un beau succès à sa sortie et vaut à l'acteur quelques articles laudateurs dans la presse, à l'instar de l'hebdomadaire France Dimanche, qui, dans son numéro du 20 septembre 1957, titre à la une : « Louis de Funès, l'acteur le plus drôle de France ». On le retrouve encore dans un rôle principal en 1958 dans Taxi, Roulotte et Corrida, d’André Hunebelle, tourné en Espagne, qui connaît un certain succès. Pourtant, la progression de sa carrière au cinéma marque une pause, et l’acteur va retourner à des films ou des rôles moins importants pour quelque temps.

DEUX RÔLES DECISIFS

C’est d’abord au théâtre que la carrière de Louis de Funès va connaître une nouvelle accélération. Depuis ses débuts, l’acteur ne s’est jamais éloigné des planches et il reprend notamment, en 1957, aux côtés de Danielle Darrieux et Robert Lamoureux, le rôle créé par Raimu dans Faisons un rêve de Sacha Guitry. Le biographe de l’auteur, Jacques Lorcey, note : « Ce sera la dernière grande joie de notre Sacha. Ce succès, obtenu par des vedettes tellement différentes des créateurs lui apporte la certitude que son théâtre lui survivra. ». En septembre 1959 pour les tournées Karsenty, il débute les répétitions d'Oscar, une pièce de Claude Magnier créée à Paris en 1958 avec une distribution qui comprenait Pierre Mondy et Jean-Paul Belmondo. À partir du 1er octobre, commencent les cent jours d’une tournée qui va le conduire dans les provinces françaises et le Maghreb. Le succès est tel qu'on lui propose de reprendre la pièce à Paris en janvier 1961. D’abord hésitant pour cette reprise parisienne , il accepte. Finalement la pièce est un énorme succès et sur scène, il multiplie les improvisations et les prouesses physiques. L’acteur reprendra « ce rôle fétiche » dans l’adaptation cinématographique de la pièce réalisée par Édouard Molinaro en 1967, puis à nouveau sur scène au début des années 70 dans une mise en scène de Pierre Mondy.

En parallèle, il continue à tourner. On le retrouve par exemple en 1961 dans un petit rôle de barman dans Le crime ne paie pas, le troisième film réalisé par Gérard Oury. Lors du tournage, alors qu'il tient le seul rôle comique du film, Louis de Funès essaie de convaincre le réalisateur qu'il est fait pour tourner des films comiques : « Quant à toi, tu es un auteur comique, et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité là ». En 1963, il retrouve la tête d’affiche avec Pouic-Pouic, l’adaptation par Jean Girault de la pièce de boulevard Sans cérémonie, qu’il avait écrite avec Jacques Vilfrid. Louis de Funès avait participé à la création de la pièce en 1952 – il tenait le rôle du maître d’hôtel incarné par Christian Marin dans le film – mais la pièce n’avait pas connu le succès. Finalement, malgré cet insuccès et les difficultés rencontrées par le réalisateur auprès des producteurs pour monter le projet autour de Louis de Funès, ce film permet à l'acteur de retrouver un large public et marque le départ de la seconde partie de sa carrière qui ne verra plus sa popularité fléchir.

Dans Oscar comme dans Pouic-Pouic, Louis de Funès incarne un homme aisé et irascible, ayant des difficultés avec sa progéniture : il décline son « personnage fétiche inspiré du Pantalon » de la commedia dell’arte. Il a maintenant créé son personnage comique : colérique, autoritaire, grimaçant, tout en énergie et « a gommé certaines outrances qui le parasitaient dans les années cinquante »

LA CONSECRATION D'UN MAÎTRE DU RIRE

Pouic-Pouic où il incarne un boursicoteur harcelé par les histoires de famille et les péripéties domestiques, marque aussi le début de la collaboration entre Louis de Funès et Jean Girault, lui aussi musicien, qui produisit douze films qui rencontreront le plus souvent un très large public. Après Faites sauter la banque !, en 1964, dans lequel il prépare en famille le braquage d'une banque, ils tournent ensemble, malgré les réticences des producteurs, qui préfèrent Darry Cowl ou Francis Blanche, le premier volet de la série des Gendarmes, Le Gendarme de Saint-Tropez, qui rencontre un succès considérable et installe l’acteur en haut du box-office pour la première fois. À peine deux mois plus tard, il triomphe à nouveau dans le rôle d’un représentant de l’ordre dans Fantômas. Dans ce film construit sur la double composition (Fantômas/Fandor) de Jean Marais comme premier rôle , il transfigure son personnage de réplique comique et en devient la vedette en éclipsant ses partenaires. Pendant que les succès populaires s’accumulent, en 1965, il tourne Le Corniaud, avec un rôle d'homme d'affaires louche, réalisé par Gérard Oury, où il partage l’affiche avec Bourvil. La sortie du film en mars 1965 est un nouveau triomphe. En 1966, Le Grand Restaurant, avec une nouvelle scène d'anthologie où il se prend pour Adolf Hitler, puis La Grande Vadrouille dans un rôle de chef d'orchestre tyrannique dans la France de l'occupation, de nouveau avec Bourvil et réalisé par Gérard Oury, connaît un succès colossal : le film a en effet détenu longtemps le record du plus grand nombre de places de cinéma vendues en France (17 millions). Il n’a été détrôné qu’en 1998, par le film Titanic de James Cameron, mais il demeura le film français ayant obtenu le plus grand nombre d'entrées en salle pendant plus de quarante ans. Il est, depuis peu, devancé par Bienvenue chez les Ch'tis. La Folie des grandeurs de Gérard Oury doit marquer les retrouvailles de Louis de Funès et de Bourvil, mais la mort de ce dernier faillit interrompre le projet. Simone Signoret suggère alors le nom de Yves Montand à Oury, qui perçoit le potentiel du duo, après quelques adaptations : « J'avais conçu pour Bourvil un rôle de valet de comédie genre Sganarelle. Montand sera plus proche de Scapin »

RETOUR AU THEÂTRE

Fin novembre 1971, au théâtre du Palais-Royal, il reprend Oscar, qu’il joue presque chaque soir jusqu’à septembre 1972 avec une interruption pendant l’été (Oscar est jouée plus de 400 fois). À partir de mars 1973, il s’investit énormément dans le tournage des Aventures de Rabbi Jacob qui sort le 18 octobre de la même année. Le lendemain, Louis de Funès est à nouveau sur les planches à la Comédie des Champs-Élysées, pour ce qui fut sa dernière apparition au théâtre. Jusqu’au 25 avril 1974, il joue presque 200 fois la pièce de Jean Anouilh, La Valse des toréadors. À partir de là, il se repose au château de Clermont, situé au Cellier en Loire-Atlantique ; il jardine beaucoup et refuse d’entreprendre quoi que ce soit en prévision du tournage très physique du prochain film de Gérard Oury. Dans Le Crocodile, dont le premier tour de manivelle est prévu pour mai 1975, il doit jouer le rôle d’un dictateur sud-américain, « un petit colonel cupide, teigneux, couard avec des faiblesses : le fric, sa femme, son fils ».

UNE SANTE PRECAIRE

En mars 1975, alors que la préproduction du Crocodile est très avancée, il est victime de deux infarctus consécutifs qui manquent de l’emporter. Il doit ralentir son rythme de travail et renonce définitivement à sa carrière théâtrale, incompatible avec son état. Sa carrière au cinéma est aussi compromise car outre sa condition physique amoindrie, les risques de rechute font que les assureurs ne veulent plus prendre le risque de le couvrir pour un film. Déterminé, le producteur Christian Fechner réussit finalement à obtenir un accord pour une assurance de deux semaines et prend le risque de produire L'Aile ou la Cuisse avec seulement une petite partie du tournage assurée. Lorsque le film sort le 27 octobre 1976, le public français retrouve l’acteur amaigri à l’écran et plébiscite son retour – presque six millions d’entrées – aux côtés de Coluche.

 Louis de Funès réapparaît donc à l’écran, mais son médecin est toujours sur le plateau, ainsi qu’une ambulance. Il continue à tourner mais à un rythme beaucoup moins soutenu qu'à ses débuts, comme La Zizanie avec Annie Girardot en 1978 ou Le Gendarme et les Extra-terrestres en 1979, et surtout, il appréhende son comique d'une nouvelle manière, parce que reconnaît-il : « je ne peux plus faire de la brutalité. Cette brutalité, cette colère est un produit que j'avais fabriqué pour un rôle et tous les metteurs en scène m'ont demandé ce produit . Désormais, ce comique ne m'intéresse plus ».

En 1980, il réalise un vieux rêve : adapter au cinéma une pièce de Molière et en réaliser une version à son image. C’est ainsi que L’Avare arrive sur les écrans de cinéma, mais ne rencontre qu’un modeste succès (en 1964 déjà, il avait enregistré sur un disque 33 tours 6 textes de pièces de Molière, dont des extraits de L'Avare, et 10 fables de Jean de La Fontaine). Cette même année 1980, il reçoit cependant un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, des mains de Jerry Lewis.

Plus tard, un de ses fils lui conseille de lire un roman de René Fallet intitulé La Soupe aux choux, qui, selon lui, a le potentiel pour pouvoir « faire un bon film ». Une adaptation au cinéma est tournée en compagnie de Jean Carmet et de Jacques Villeret.

Le Gendarme et les Gendarmettes est son dernier film. Le 27 janvier 1983, il est victime d’un nouvel infarctus, qui lui est fatal. Il est enterré au cimetière du Cellier le 29 janvier 1983.

LES RESSORTS DE L'HUMOUR DE LOUIS DE FUNES

Les capacités de Louis de Funès à mimer et à faire des grimaces sont les principaux aspects de son humour. Le mime est pour lui essentiel pour ponctuer ses mots : « Quand on décrit une forme de bouteille avec ses deux mains, expliquait-il en joignant le geste à la parole, la bouteille est là, on la voit. Elle flotte un instant dans l’espace, même quand le geste est terminé. ». Il joue aussi beaucoup sur la répétition dans une scène de ses gestes ou paroles. De plus le ressort de son humour est aussi capté dans le caractère excessif des sentiments et émotions qu’il exprime, que ce soit la peur ou le désespoir – feint ou réel – de son personnage. 

Il excelle en particulier dans l’expression de la colère : grognements, bruits de la bouche, gifles répétitives sur les autres personnages, grands gestes, etc. Ses rôles se prêtaient volontiers à ce jeu : ses personnages sont souvent hypocrites, antipathiques, sans être, la plupart du temps, méchants ou incapables de rédemption. Louis de Funès disait que rien ne le faisait plus rire, dans la vie courante, qu’une personne en engueulant une autre, sans que cette dernière puisse répliquer. 

Sa petite taille (1,64 m54) contrastait avec celle de ses partenaires plus grands (Bourvil, Yves Montand) et ajoutait un autre élément comique au personnage.

L'ART DU DEGUISEMENT

Même s’il n’a pas souvent eu l’occasion d’y recourir dans les nombreux films auxquels il a participé, Louis de Funès portait volontiers des déguisements pour accentuer, parfois jusqu’à l'outrance, les situations comiques dans lesquelles il faisait évoluer ses personnages. On peut retenir parmi tous ces déguisements : son déguisement en chinois et en policier américain dans Le Gendarme à New York, en religieuse dans Le Gendarme et les Extra-terrestres, en rabbin hassidique dans Les Aventures de Rabbi Jacob, en poète maniéré portant une perruque dans Le Grand Restaurant, en femme voilée dans Le Gendarme de Saint-Tropez, en gendarmette dans Le Gendarme et les Gendarmettes sans oublier les costumes de la Belle Époque dans Hibernatus, en soldat allemand au casque trop grand dans La Grande Vadrouille, en marin hollandais dans Les Grandes Vacances, en dame de la cour dans La Folie des grandeurs, l'inoubliable uniforme du Gendarme de Saint-Tropez ou encore en vieille femme , en américain et en chauffeur dans L'Aile ou la Cuisse. 

DES DUOS CELEBRES

Le talent de Louis de Funès fonctionnait bien dans le cadre de duos réguliers ou occasionnels avec des acteurs très divers. Claude Gensac, connue pour le surnom que Cruchot lui donne dans la série des Gendarmes : « Ma biche », fut la complice féminine des personnages de Louis de Funès ; elle a souvent joué sa femme à l’écran. Louis de Funès a aussi beaucoup joué avec Michel Galabru, son supérieur dans la série des Gendarmes et lui sert de faire-valoir burlesque. Plusieurs scènes de La Folie des grandeurs sont restées célèbres, comme le réveil avec les rimes en « or » ou le nettoyage des oreilles, et font tout de suite penser à Yves Montand. Louis de Funès a aussi joué de célèbres scènes avec Coluche dans L'Aile ou la Cuisse. Mais son duo le plus marquant est celui formé avec Bourvil dans Le Corniaud et surtout dans La Grande Vadrouille. 

Il a aussi joué avec son fils, Olivier de Funès, dans Les Grandes Vacances, L’Homme orchestre, Le Grand Restaurant, Sur un arbre perché, Fantômas se déchaîne et Hibernatus. D'autres acteurs ont joué plusieurs fois avec lui, comme Bernard Blier (Les Hussards, Jo et Le Grand Restaurant), Jean Gabin (Le Tatoué, La Traversée de Paris et Le Gentleman d’Epsom), Jean Marais (Le Capitaine Fracasse, Fantômas, Fantômas se déchaîne et Fantômas contre Scotland Yard), Maurice Risch (Les Grandes Vacances,Le Grand Restaurant, La Zizanie et certains épisodes du Gendarme de Saint-Tropez), Michel Simon (La Vie d'un honnête homme)… Il fut également aux côtés de Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes, Mam'zelle Nitouche et Boniface somnambule au cinéma (ils ne firent que se croiser dans La Vie à deux, et 2 sketches différents du film à sketches Le Diable et les Dix Commandements), et sur disque dans Un client sérieux de Georges Courteline en 1954. Il a également joué avec le duo Guy Grosso et Michel Modo dans La série des Gendarmes ou encore le Grand Restaurant et aussi dans des films où les deux acteurs jouent des rôles secondaires comme la Grande Vadrouille, Le Corniaud, Faites Sauter la banque, Les Grandes Vacances, ...

QUELQUES DUOS

Coluche dans L'Aile ou la Cuisse

Jean Richard dans Les Bons Vivants, Les Tortillards, Certains l'aiment froide, Courte Tête, Mon pote le gitan et Candide

Bourvil dans Le Corniaud, La Traversée de Paris, Poisson d'avril, La Grande Vadrouille et Les Hussards

Annie Girardot dans La Zizanie

Claude Gensac dans La Vie d'un honnête homme, Hibernatus, Jo, Le gendarme se marie, Le Gendarme en balade, L'Aile ou la Cuisse, Oscar, L'Avare, et Le Gendarme et les Gendarmettes ainsi que Les Grandes Vacances, et La Soupe aux choux

Michel Galabru dans Nous irons à Deauville, Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme à New York, Le gendarme se marie, Le Gendarme en balade, Jo, Le Petit Baigneur, Le Gendarme et les Extra-terrestres, L'Avare, et Le Gendarme et les Gendarmettes

Bernard Blier dans Le Grand Restaurant, Jo et Les Hussards

Jean Gabin dans Le Tatoué, La Traversée de Paris et Le Gentleman d'Epsom

Jean Marais dans la trilogie des Fantômas , Le Capitaine Fracasse et Dortoir des grandes

Mylène Demongeot dans la trilogie des Fantômas et Frou-Frou

Robert Lamoureux dans Papa, maman, la bonne et moi, Si Paris nous était conté et Papa, maman, ma femme et moi

Jean-Claude Brialy dans Carambolages et Le Diable et les Dix Commandements

Mireille Darc dans Les Bons Vivants, Des pissenlits par la racine et Pouic-Pouic

Yves Montand dans La Folie des grandeurs

Claude Rich dans Oscar et Ni vu... Ni connu...

Jacqueline Maillan dans Pouic-Pouic, Ah ! les belles bacchantes et "Les Veinards"

Robert Dhéry dans Le Petit Baigneur,Ah ! les belles bacchantes,La Belle Américaine

Geraldine Chaplin dans Sur un arbre perché

Jean-Pierre Marielle dans Faites sauter la banque !

Fernand Raynaud dans La Bande à papa

Michel Serrault dans Des pissenlits par la racine, Carambolage, Nous irons à Deauville, Ah ! les belles bacchantes, La Belle Américaine

Jean Carmet dans La Soupe aux choux et Le Diable et les Dix Commandements

Jacques Villeret dans La Soupe aux choux

UN SENS INNE DE LA DANSE ET DE LA MUSIQUE

Selon Colette Brosset, Louis de Funès avait la musique et la danse dans la peau. Sa capacité à assimiler et à servir une chorégraphie était étonnante. Ses arabesques font merveille dans les films comme Ah ! les belles bacchantes, Le Grand Restaurant, L’Homme orchestre ou Les Aventures de Rabbi Jacob. On peut aussi le voir et l’entendre jouer du piano dans, par exemple, Je n’aime que toi, de Pierre Montazel, Frou-Frou, d'Augusto Genina, ou Ah ! les belles bacchantes, de Jean Loubignac (avec Francis Blanche au chant, dans Chanter sous le soleil, des célèbres Bouvart et Ratinet).

 

INTERPRETE DE CHANSONS

(mais aussi de fables, de pièces de théâtre -classiques, vaudevilles-, ou encore d'histoires pour enfants (Les Aristochats), le tout gravé sur microsillons)

1962 : Pour toi, musique Gérard Calvi, dans La grosse valse, avec accompagnement à la guitare

1962 : Dans mes godasses, avec Robert Dhéry, musique Gérard Calvi, dans La grosse valse (en douanier Rousel)

1962 : C'est défendu, avec R. Dhéry, Grosso, Modo, P. Tornade et J. Legras, musique G. Calvi, toujours dans La grosse valse (avec les douaniers : "Engagez-vous !")

1962 : Comme la douane, musique G. Calvi, avec Grosso, Modo, P. Tornade, encore dans La grosse valse

1967 : Ferme tes yeux mon bébé, mélodie et paroles: mémé Fourchaume, dans Le Petit Baigneur (et non Gérard Calvi cette fois)

1970 : Les poupons (ou Quand tu fais "La la la - la la", avec son fils Olivier), musique François de Roubaix, paroles Jean Halain et Remo Forlani, pour L'Homme orchestre

1981 (24 décembre) : Le Divin enfant sur le plateau du Grand anniversaire, émission animée ce soir-là par Guy Béart sur FR3

 

FILMS

1. Le gendarme et les gendarmettes (1982) (Brigadier Cruchot)

2. La soupe aux choux (1981) (Claude Ratinier dit "Le Glaude")

3. L'avare (1979) (Harpagon)

4. Le gendarme et les extra-terrestres (1979) (Cruchot)

5. La zizanie (1978) (Guillaume)

6. L'aile ou la cuisse (1976) (Charles Duchemin)

7. Les aventures de Rabbi Jacob (1973) (Victor Pivert)

8. Delirios de grandeza (1972) (Don Salluste)

9. La folie des grandeurs (1971) (Don Salluste)

10. Jo (1971) (Antoine Brisbard)

11. Le gendarme en balade (1970) (Brigadier Cruchot)

12. L'homme orchestre (1970) (Evan-Evans)

13. Sur un arbre perché (1970) (Henry Roubier)

14. Hibernatus (1969) (Hubert)

15. Le gendarme se marie (1968) (Brigadier Cruchot)

16. Le tatoué (1968) (Félicien Mezeray)

17. Le grand restaurant (1967) (Mr. Septime)

18. Oscar (1967) (Bertrand Barnier)

19. Le petit baigneur (1967) (Louis-Philippe Fourchaume)

20. Fantômas contre Scotland Yard (1966) (Inspecteur Juve)

21. Le gendarme à New York (1966) (Brigadier Cruchot)

22. La grande vadrouille (1966) (Stanislas LeFort)

23. Les grandes vacances (1966)

24. Les bons vivants (1965)

25. Fantômas se déchaîne (1965) (Inspecteur Juve)

26. Le corniaud (1964) (Leopold Saroyan)

27. Fantômas (1964) (Inspecteur Juve)

28. Le Gendarme de St. Tropez (1964) (Brigadier Cruchot)

29. Une souris chez les hommes (1964) (Marcel)

30. Carambolages (1963) (Charolais)

31. Faites sauter la banque! (1963) (Victor Garnier)

32. Les pissenlits par la racine (1963) (Jockey Jack)

33. Pouic-Pouic (1963) (Leonard Monestier)

34. Un clair de lune à Maubeuge (1962)

35. Le diable et les dix commandements (1962) (Vaillant)

36. Le gentleman d'Epsom(1962)

37. Nous irons à Deauville (1962)

38. Les veinards (1962)

39. La belle Américaine (1961)

40. Candide (1961) (L'homme de la Gestapo)

41. Le crime ne paie pas (1961)

42. La vendetta (1961)

43. Le capitaine Fracasse (1960) (Scapin)

44. La Culpa fue de Eva (1960)

45. Dans l'eau qui fait des bulles (1960)

46. Les Tortillards (1960)

47. Certains l'aiment froide (1959)

48. Mon pote le gitan (1959)

49. I Tartassati (1959)

50. Totò, Eva e il pennello proibito (1959)

51. Ni vu, ni connu (1958)

52. Taxi, Roulotte et Corrida (1958) (Maurice Berger)

53. La vie à deux (1958)

54. Comme un cheveu sur la soupe (1957) (Pierre Cousin)

55. Bébés à Gogo (1956)

56. Courte tête (1956)

57. La loi des rues (1956)

58. Papa, Maman, ma femme et moi (1956)

59. La traversée de Paris (1956) (Jambier)

60. La bande à papa (1955)

61. Bonjour Sourire (1955)

62. Les hussards (1955)

63. L'impossible Monsieur Pipelet (1955)

64. Napoleon (1955)

65. Si Paris nous était conté (1955) (Antoine Allegre)

66. Ah! Les belles bacchantes (1954)

67. Le blé en herbe (1954)

68. Escalier de service (1954)

69. Frou-Frou (1954)

70. Huis Clos (1954)

71. Les impures (1954)

72. Ingrid - Die Geschichte eines Fotomodells (1954)

73. Les intrigantes (1954)

74. Le mouton à cinq pattes (1954)

75. Papa, maman, la bonne et moi (1954)

76. Les Pépées font la loi (1954)

77. Poisson d'avril (1954)

78. La reine Margot (1954)

79. Scènes de ménage (1954)

80. Capitaine Pantoufle (1953)

81. Le chevalier de la nuit (1953)

82. Les compagnes de la nuit (1953)

83. Les corsaires du Bois de Boulogne (1953)

84. Dortoir des grandes (1953)

85. Faites-moi confiance (1953)

86. Les hommes ne pensent qu'à ça (1953)

87. Mam'zelle Nitouche (1953)

88. Mon Frangin du Sénégal (1953)

89. Le rire (1953)

90. Le secret d'Hélène Marimon (1953)

91. Tourments (1953)

92. L'étrange désir de Monsieur Bard (1953)

93. L'amour n'est pas un péché (1952)

94. Au diable la vertu (1952)

95. Elle et moi (1952)

96. La fugue de Monsieur Perle (1952)

97. Le huitième art et la manière (1952)

98. Innocents in Paris (1952) (Monsieur Celestin)

99. Je l'ai été trois fois (1952)

100. Légère et court vêtue (1952)

101. Les Moineaux de Paris (1952)

102. Monsieur Taxi (1952)

103. Les sept pêchés capitaux (1952)

104. La vie d'un honnête homme (1952)

105. Agence matrimoniale (1951)

106. un amour de parapluie (1951)

107. Boniface Somnambule (1951)

108. Boîte à vendre (1951)

109. Champions Juniors (1951)

110. Le dindon (1951)

111. Five (1951)

112. Les joueurs (1951)

113. Ma femme est formidable (1951)

114. Monsieur Leguignon Lampiste (1951)

115. Pas de vacances pour Monsieur le Maire (1951)

116. La poison (1951)

117. l'amant de paille (1950)

118. Bibi Fricotin (1950)

119. Folie Douce (1950)

120. Knock (1950)

121. Le roi du Bla Bla Bla (1950)

122. La rose rouge (1950)

123. La rue sans loi (1950)

124. Ademai au poste frontière (1949)

125. Au revoir M. Grock (1949)

126. Certain Monsieur, Un (1949)

127. Je n'aime que toi (1949)

128. Millionnaire d'un jour (1949)

129. Mission à Tanger (1949)

130. Pas de week-end pour notre amour (1949)

131. Rendez-vous avec la chance (1949)

132. Vient de paraître (1949)

133. Du Guesclin (1948)

134. Antoine et Antoinette (1947)

135. Croisière pour l'inconnu (1947)

136. Dernier refuge (1946)

137. Six heures à perdre (1946)

138. La tentation de Barbizon (1945) 

 

SUCCES COMMERCIAUX

 

Les films dans lesquels a joué Louis de Funès ont attiré plus de 160 millions de spectateurs en France64. Entre 1964 et 1979, sept de ces films sont n°1 (en 1964, 1965, 1966, 1967, 1970, 1973 et 1979) au box-office. Par ailleurs, en 1967, il joue dans trois films parmi les mieux classés : n°1 avec Les Grandes Vacances, n°2 avec Oscar et n°5 avec Fantômas contre Scotland Yard. La Grande Vadrouille est encore n°2 aux box-office français : c’est le 3e film français qui a cumulé le plus d’entrées en France dans l’histoire du cinéma (après Titanic de James Cameron et Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon).

 

DISTINCTIONS

 

Louis de Funès, comparé aux autres artistes de son époque et au nombre de films qu'il a tournés, n'a pas reçu un nombre très important de récompenses.

1957 : Grand prix du rire pour son rôle dans Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Regamey

1965 : Victoire du cinéma pour son rôle dans Le Gendarme de Saint-Tropez, remise par Gina Lollobrigida lors de la 20e édition

1967 : Prix Georges Courteline pour son rôle dans le film Les Grandes Vacances

1967 (7 décembre) : Invité personnellement à une réception par le Général de Gaulle au palais de l'Élysée, en compagnie de son épouse, de Gérard Oury, de Fernandel, de Jean Delannoy...

1971 (5 janvier) : Remise de la Médaille d'honneur de la ville de Paris

1973 : Chevalier de la Légion d’honneur

1980 : César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, remis par Jerry Lewis

Le prix Jean-Gabin, décerné de 1981 à 2008, a été créé à l'initiative de Louis de Funès63.

Il est 17e au classement des 100 plus grands Français de tous les temps, établi en mars 2005 pour France 2.

 

INFOS

 

Nom de naissance : Louis Germain David de Funès de Galarza

Date et lieu de naissance : 31-07-1914 à Coubevoie (Hauts de Seine France)

Date et lieu de décès :  27-01-1983 à Nantes (Loire Atlantique France)

Cause du décès : Crise cardiaque à l'âge de 68 ans

Divorcé de Germaine Elodie Carroyer 1936, 1 enfant

Marié jusqu'à son décès avec Jeanne Barthélémy de Maupassant (20.04.43 - 27.01.1983),  2 fils : Patrick de Funès, (27.01.1944, et Olivier de Funès (11.08.1949)

Louis de Funès est enterré au cimetière du Cellier près de Nantes.

 

 

 

 

Le chateau de Clermont commune du Cellier (Loire Atlantique 44850)

Aquis en 1967, ce fût la dernière résidence  de Louis de Funès.

Le chateau a été vendu 3 ans après sa mort.

 

ANECDOTES

 

Selon le comédien Dominique Zardi, qui a joué dans une dizaine de films à ses côtés, Louis de Funès était déjà très perfectionniste à ses débuts. Selon lui, "c'est d'ailleurs pour ça que beaucoup de gens l'ont considéré comme un voleur de rôles car dès qu'il apparaissait à l'écran, c'était fini, il emportait tout et on ne voyait que lui".

Claude Gensac le croisera au cinéma durant trente ans. Ils font connaissance au début de l'année 1952 lorsqu'elle est encore fiancée à Pierre Mondy, le partenaire de Louis de Funès dans la pièce La Puce à l'oreille. Lors de leur première rencontre effective au cinéma (fin 1952 dans La Vie d'un honnête homme, un mois après leur confrontation théâtrale dans Sans cérémonie), et alors qu'ils forment un duo de serviteurs, elle apparaît à demi dénudée sous la main baladeuse de Michel Simon.

La première "madame Cruchot" en 1968 aurait très bien pu être Simone Valère, rencontrée en 1951 dans Ma femme est formidable, et indisponible en 1967 pour un rôle d'épouse dans Les grandes vacances et Oscar.

La seconde "madame Cruchot", Maria Mauban en 1979, fut rencontrée trente ans auparavant en 1949, sur le tournage de Pas de week-end pour notre amour dont elle était la tête d'affiche.

Le film Papy fait de la résistance lui est dédié. Il devait en effet en incarner le rôle-titre. Mais suite à son décès, c’est son vieux complice des Gendarmes, Michel Galabru, qui obtient le rôle. En hommage au comique, de nombreux comédiens ayant tourné avec lui, notamment Jacqueline Maillan, Jacques Villeret, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Jacques François et Julien Guiomar, font une apparition dans le film.

Valère Novarina a publié aux éditions Actes Sud en 1986 un éloge de Louis de Funès, Pour Louis de Funès : « Il n’était pas de bon ton de l’apprécier. Ce n’était pas assez chic. Alors que c’était un très grand acteur de théâtre. J’ai fait parler Louis de Funès comme quelqu’un d'autre a fait parler Zarathoustra. ». Ce texte a donné lieu à plusieurs versions pour la scène, notamment celle créée au Théâtre d’Angoulême par Dominique Pinon le 4 décembre 1998, dans une mise en scène de Renaud Cojo.

 Il fut employé comme narrateur dans le livre-disque tiré du film Les Aristochats.

Un timbre postal « Louis de Funès » a été édité par la poste française en 1998 dans le cadre d’une série consacrée aux acteurs du cinéma français.

Un personnage inspiré de Louis de Funès apparaît dans l’album de Lucky Luke intitulé Le bandit manchot. Ce personnage est l’un des joueurs de cartes professionnels de Poker Gulch, une ville placée sous le signe du jeu. Il est affublé d’un subalterne, un petit malfrat du nom de Double-six, inspiré de l’acteur Patrick Préjean.

Après que l'acteur fut devenu très populaire, certains de ses films sont ressortis sous de nouveaux titres. Ainsi, en janvier 1969, ressortent58 Les Bons Vivants de Gilles Grangier (1965) sous le titre Un grand seigneur, Certains l'aiment froide de Jean Bastia (1959) sous le titre Les râleurs font leur beurre et59 Dans l'eau qui fait des bulles de Maurice Delbez (1961) sous le titre Le garde-champêtre mène l'enquête.

Louis de Funès n'a donné que deux baisers de cinéma de toute sa carrière : le premier dans le film le Dortoir des grandes d’Henri Decoin où il embrasse l'actrice Line Noro sur la bouche60. Le deuxième dans la Zizanie, où De Funès et Annie Girardot se font un bref baiser.

Louis de Funès, lui aussi portant perruque, supplante carrément Bourvil dans Le Rectangle vert, librement inspiré du Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, sous la plume agile de Marcel Gotlib dans sa Rubrique-à-brac – tome 3.

La nièce de l'acteur, Isabelle de Funès, apparaîtra dans quelques productions cinématographiques et télévisuelles dans les années soixante-dix. Toutefois à la différence d'avec son fils Olivier, ils ne tourneront jamais ensemble.

La série télévisée Kaamelott, d'Alexandre Astier, lui est entièrement dédiée. On peut d'ailleurs entendre dans la scène finale du dernier épisode de la série, Dies Irae, le thème principal de Jo.

 

CITATIONS

 

« Le cinéma ? Je le fais sur un écran, pas dans la vie ! »

 

« Le comique ça ne tient à rien, c'est une chose qui est dans l'air, le comique ! »

 

« Le gendarme ? C'est toute l'humanité ! Au fond, on cire toujours les pompes de ses supérieurs hiérarchiques et on s'essuie sur le derrière de son sous-fifre ! »

 

« Ne parlez pas trop de moi, les enfants ! »

 

« Je cultive mon jardin. Et dans ma vie professionnelle comme dans mon carré de jardin, j'ai bien l'intention d'exclure les navets ! »

 

« Le comique, ce n'est pas seulement du talent, mais c'est surtout un don, une façon de sentir, de pouvoir comprendre et interpréter ! »

 

« Les gens sont des comédiens, nous, nous sommes des acteurs. »

 

« Ce ne sont pas les attitudes que je trouve comiques mais les états d'esprit ! »

 

« Mon plus grand désir d'acteur ? C'est de faire des films destinés à faire rire les enfants et les parents à la fois dans ce monde trop triste ! »

 

« En voyageant sur ce merveilleux navire, c'est la première fois que je suis fier et heureux de payer ponctuellement mes impôts. » Louis de Funes dans le livre d'or du paquebot France

 

 

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