Très tôt
adulée par le public et pressée par les studios, elle fut la victime de son
propre succès. Son énergie, sa sensibilité artistique, sa vulnérabilité, son
talent incomparable et surtout sa voix bouleversante contribuèrent à son
rayonnement.
En 1922, Frances Ethel Gumm naît le 10 juin à Grand Rapids (Minnesota). Ses
parents, Frank et Ethel Gumm, ont été acteurs de variétés avant que le père
devienne le gérant du seul cinéma de la ville. Judy y fait ses débuts sur scène,
entre deux films, avec ses deux sœurs aînées, Mary Jane et Virginia et
accompagnées par leur mère au piano. À trois ans, elle interprète « Jingle Bells
» sur la scène soulevant l’enthousiasme du public.
En 1927, elle déménage
en Californie à Lancaster pour un meilleur climat car Judy est sujette à des
allergies.[1] Le trio toujours accompagné par Mme Ethel Gumm se produit de plus
en plus dans les grandes villes américaines et en 1931, les "Gumm Sisters" se
produisent à l'Exposition Universelle de Chicago. C'est là que Georges Jessel,
la vedette du spectacle, conseille à la jeune Frances d'opter pour le pseudonyme
de Garland. Un an plus tard, la jeune starlette changera également son prénom
emprunté à une chanson à succès « Judy ». Puis Judy commence sa vraie carrière
en solo après le mariage d’une de ses sœurs. Elle est engagée au Lake Tahoe et
est remarquée par la critique. Un talent scout suggère à sa mère de lui faire
faire du cinéma.
À 13 ans, en 1935, elle passe une audition devant Louis
B. Mayer patron de la Metro-Goldwyn-Mayer qui lui offre un contrat sans passer
le moindre bout d’essai. La même année la jeune fille perd son père, une mort
qui la marquera profondément. Judy rejoint les bancs de classe de la MGM aux
cotés des enfants star de la MGM, Lana Turner, Jackie Cooper, Mickey Rooney,
Freddie Bartholomew et Deanna Durbin.
1936 : première apparition dans un
court- métrage, sa voix attire tout de suite l'attention du public dans Every
Sunday avec Deanna Durbin. Cette dernière, finalement pas retenue par Louis B.
Mayer, sera également remarquée et fera carrière aux studios Universal avec un
succès fracassant.
Judy Garland fait une incursion dans les studios de la
20th Century Fox pour son premier long métrage Pigskin Parade, et à quinze ans,
son étoile commence à briller dans The Broadway Melody of 1938, film dans lequel
elle chante « Dear Mr. Gable, you made me love you » devant une photographie du
« King », chanson qu’elle avait déjà interprété en l’honneur de l’anniversaire
de la super star de la MGM, Clark Gable.
Judy tourne dans quelques films
familiaux, cher à Louis B. Mayer, où elle chante et se fait remarquer auprès du
public grâce à sa chaleur et sa vivacité. Mais c’est en 1939, avec son rôle de
Dorothy dans Le Magicien d'Oz qu’elle est propulsée au rang de star. Ce rôle fut
proposé en premier lieu à la star de la Twentieth Century Fox, Shirley Temple,
mais la MGM ne put l’obtenir et après avoir envisagé Deanna Durbin, Judy obtint
le rôle par défaut. Elle y chante la chanson qui sera oscarisée et qui allait
tout au long de sa carrière devenir son grand cheval de bataille, Over the
Rainbow. Elle-même remporte l’Oscar spécial de la meilleure des jeunes actrices
de l’année. Le film entre dans la légende et au fil des ans il deviendra le film
le plus vu de toute l’histoire du cinéma grâce à ses passages à la télévision
drainant des millions de spectateurs, la licence ayant été cédé à C.B.S., en
1956.
Elle enchaîne avec Place au rythme avec Mickey Rooney, qui
rapportera deux millions de dollars uniquement aux États-Unis, et le soir de la
première du film, c’est la consécration, elle appose ses empreintes au Grauman's
Chinese Theatre. La MGM eut du flair en formant le duo Judy Garland - Mickey
Rooney qui devint le couple idéal et à succès des films musicaux du studio, ils
tourneront neuf films ensemble. Outre les trois films de la série Andy Hardy ils
jouent ensemble dans Place au rythme, En avant la musique, Débuts à Broadway
films de Busby Berkeley et Girl Crazy de Norman Taurog. Ils se retrouveront une
dernière fois en 1948 dans Ma vie est une chanson également de Norman
Taurog.
En 1940, Judy est l’une des dix vedettes les plus populaires au
box-office, la seule femme à faire partie de ce palmarès avec Bette
Davis.
C'est à cette époque qu'elle devient toxicomane. Etant déja
habituée aux médicaments (sa mère l'obligeait à en prendre pour qu'elle garde la
ligne), la situation empire lorsque les studios lui prescrivent des
amphétamines, afin qu'elle garde la forme et supporte mieux les nombreuses
heures de tournage. Mais cela la rend insomniaque et elle doit alors y ajouter
des barbituriques pour l'aider à dormir. Sa santé va rapidement se
dégrader.
Pendant le tournage de Little Nelly Kelly où selon la publicité
de l’époque elle joue sa première scène d’amour, elle annonce ses fiançailles
avec le musicien David Rose, ex-mari de Martha Raye. Malgré le désaccord de sa
mère et de Louis B. Mayer (qui suit de près sa carrière et sa vie privée), Judy
épouse David Rose le 10 juin 1941.
Elle apparaît ensuite dans de
nombreuses comédies musicales produites par la MGM, dont les célèbres Le Chant
du Missouri (1944) et Parade de printemps (1948) deux productions du maître
incontesté de la comédie musicale MGM, Arthur Freed. Freed, entouré d’une équipe
de créateurs « la Freed Unit », produisit la plupart des films de Judy au sein
de la MGM. Il produisit également les plus prestigieuses comédies musicales de
l’époque et recruta un jeune débutant de Broadway, Gene Kelly, en 1942 pour en
faire un partenaire idéal de Judy dans Pour moi et ma mie. C’est lui qui engagea
Vincente Minnelli, alors connu comme directeur artistique de revues à grand
spectacle, afin de réaliser son premier film, Un petit coin aux
cieux.
Freed réunira Minnelli et Garland pour ce qui sera un des films
les plus mémorables de la MGM, Le Chant du Missouri. Pourtant au départ
réticente au projet, Judy y compose un de ses rôles les plus attachant et
apporte la preuve de son talent dramatique. Le film libère le musical des
conventions héritées de la scène de Broadway; les couleurs aux tons pastels, la
réalisation évitant la mièvrerie du sujet et les inoubliables chansons font du
film un succès critique et populaire. Minnelli et Garland tombèrent amoureux
pendant le tournage et cette fois avec l’approbation des studios MGM. Judy
épousa au mois de juin 1945 Vincente Minnelli (elle avait divorcé de David Rose
en 1944). Sa première fille Liza naîtra l’année suivante. Elle fit trois autres
films avec le duo Freed-Minnelli, L'Horloge un des ses rares films non musical,
Ziegfeld Follies films à sketches et enfin Le Pirate flamboyant musical où elle
retrouve Gene Kelly.
Les ennuis de santé de Judy deviennent de plus en
plus sérieux, fatiguée, elle tombe malade pendant le tournage du Pirate et
multiplie les sautes d’humeur, les absences répétées et le manque de
ponctualité. Malgré cela, la MGM peu compréhensive enchaîne les tournages. Elle
découvre un nouveau partenaire de prestige Fred Astaire qui remplace Gene Kelly,
s’étant cassé la cheville, pour un autre grand succès de la MGM, Parade de
printemps. Ravie de travailler avec Astaire, le film fut un véritable répit pour
Judy mais de courte durée. De plus en plus sujette aux dépressions nerveuses
elle doit renoncer à retrouver Fred Astaire, et c’est Ginger Rogers qui la
remplace dans Entrons dans la danse. Le duo mythique des années trente se
retrouve pour la dernière fois après dix de séparation. Elle cède également son
rôle à Betty Hutton dans Annie, reine du Cirque, à Jane Powell dans Mariage
Royal et à Kathryn Grayson dans Show Boat.
Judy passa trois mois dans une
clinique de Boston[1] puis retourna aux studios pour tourner son dernier film à
la MGM, La Jolie fermière. Le tournage dura six mois après bien des retards dus
aux absences de l’actrice, on peut même y remarquer des variations de poids de
Judy étonnantes dans le film. Mais elle se présentera dans une scène rajoutée,
quelques semaines après la fin de tournage, au meilleur de sa forme dans le
numéro « Get happy ».
En 1950, La MGM met un terme à son contrat car elle
est de plus en plus accro aux médicaments et devient ingérable ce qui nuit
gravement à sa carrière.
Judy Garland n’a alors que 28 ans.
Une
profonde dépression la mène à une tentative de suicide en 1950.[1] En 1951, elle
divorce d'avec Vincente Minnelli et épouse le producteur Sidney Luft, avec qui
elle aura une fille (Lorna) et un garçon (Joseph). Il décide de relancer sa
carrière et y réussit grâce à des tournées au succès incontestable. Il la
persuade de se produire au Palladium de Londres pendant un mois, c’est un
triomphe. Puis elle revient au music-hall, elle bat tous les records de recettes
pendant dix-neuf semaines au Palace Theatre de New York. Ces retrouvailles avec
ses fans et le succès lui redonnent de l’assurance.
En 1954, Sidney
produit le film Une étoile est née dans lequel elle joue le rôle d'une jeune
artiste qui accède à la popularité grâce à l'aide d'une star sur le déclin,
troisième des quatre versions tournées sur le même sujet. Chant du cygne et
chef-d’œuvre du genre musical, le film eut un énorme succès auprès de la
critique et du public malgré les mutilations opérées par la Warner Bros qui
amputa le film de 90 minutes pour des raisons de distribution. George Cukor,
réalisateur du film, la dirigea de façon magistrale, permettant à Judy de
développer toutes les facettes de son immense talent. Tout le monde attendait la
consécration avec sa nomination aux Oscars mais la récompense échut à Grace
Kelly.
Un an plus tard, elle fait ses débuts à la télévision en 1955 dans
show de la C.B.S. C’est à nouveau le succès. Elle participera à de nombreux
shows auquel participent ses amis comme Frank Sinatra et Dean
Martin.
Elle continue ses tournées durant les années 50 et 60 avec un
succès exceptionnel, elle triomphera au Carnegie Hall en 1961 dont un album «
Judy au Carnegie Hall » sera enregistré, les ventes atteindront le million de
dollars.[1]
Délaissant le cinéma (elle ne tournera que 3 films durant
cette période), elle obtiendra une nouvelle nomination aux Oscars pour un second
rôle dans Jugement à Nuremberg.
En 1963, elle lance une émission
télévisée, The Judy Garland Show, qui ne dure qu'une saison en raison de la
concurrence de Bonanza.
FILMS
- 1935 : La
Fiesta de Santa Barbara, court métrage de Louis
Lewyn (elle y apparaît avec ses deux sœurs — créditées ensemble 'Garland
Sisters' alias 'The Three Gumm Sisters' —)
- 1936 :
Every Sunday
- 1936 :
Pigskin Parade de David Butler
- 1937 : Le Règne de la
joie (Broadway melody of 1938) de Roy Del Ruth
- 1937 :
Thoroughbreds Don't Cry
- 1938 : Everybody
Sing d'Edwin L.
Marin
- 1938 : Listen,
Darling d'Edwin L.
Marin
- 1938 : L'Amour frappe André
Hardy (Love Finds Andy Hardy) de George B. Seitz
- 1939 : Le Magicien d'Oz (The
Wizard of Oz) de Victor
Fleming
- 1939 : Place au rythme
Babes
in Arms de Busby
Berkeley
- 1940 : En avant la musique
(Strike up the band) de Busby Berkeley
- 1940 : Little Nellie
Kelly de Norman
Taurog
- 1940 : André
Hardy va dans le monde (Andy Hardy meets debutante) de George B. Seitz
- 1941 : La Danseuse des Folies
Ziegfeld (Ziegfeld Girl) de Robert Z. Leonard
- 1941 :
Life Begins For Andy Hardy de George B. Seitz
- 1941 : Débuts à Broadway
(Babes on broadway) de Busby Berkeley
- 1942 : For
me and my gal de Busby Berkeley
- 1943 : Lily Mars
vedette (Presenting Lily Mars) de Norman Taurog
- 1943 : Girl
Crazy de Norman
Taurog et Busby
Berkeley
- 1943 : Parade aux
étoiles (Thousands cherr) de George Sidney
- 1944 : Le Chant du Missouri (Meet me in
St-Louis) de Vincente Minnelli
- 1945 : L'Horloge (The Clock) de Vincente Minnelli
- 1946 : Les
Demoiselles Harvey (The Harvey girls) de George Sidney
- 1946 : Ziegfeld Follies de Vincente Minnelli
- 1946 : La Pluie qui
chante (Till The Clouds Roll By) de Richard Whorf
- 1948 : Le Pirate (The Pirate)
de Vincente
Minnelli
- 1948 : Parade de
printemps (Easter Parade) de Charles Walters
- 1948 : Ma vie est
une chanson (Words and music) de Norman Taurog
- 1949 : In The Good Old Summertime de Robert Z. Leonard
- 1950 : La Jolie fermière Summer
Stock de Charles
Walters
- 1954 : Une étoile est
née (A star is born) de George Cukor
- 1960 : Pepe de George Sidney : (Caméo voix)
- 1961 : Jugement à
Nuremberg (Judgment at Nuremberg) de Stanley Kramer
- 1962 : Gay
Purr-ee (voix) de Abe
Levitow
- 1963 : Un enfant attend
(A child is waiting) de John Cassavetes
- 1963 : L'Ombre du
passé I Could Go On Singing de Ronald Neame
- 1967 : La
Vallée des poupées (scènes supprimées)
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