Édith Piaf, née Édith Giovanna Gassion le 19 décembre 1915 à Paris et morte le 10 octobre 1963 à Grasse, est une chanteuse française de music-hall. Surnommée « la Môme Piaf », elle est à l'origine de nombreux succès [discographie]. Chanteuse à l'interprétation et la voix saisissante, elle a inspiré de nombreux compositeurs, a été le mentor de jeunes artistes tels qu'Yves Montand, Charles Aznavour, Les Compagnons de la chanson, Georges Moustaki. Elle connait une renommée internationale, malgré une fin de carrière rendue difficile par de graves problèmes de santé et une mort survenue à seulement 47 ans.

Edith Piaf devrait avoir : 101 ans

 

FAMILLE

 

La légende issue de l'imagination d'un journaliste et secrètement entretenue par Piaf, la fait naître le 19 décembre 1915 à Paris, au 72 rue de Belleville, dans le 20e arrondissement, d'après la plaque apposée sur la maison sise à cette adresse, certaines sources précisent même qu'elle serait née « sur les marches » de la porte d'entrée de l'immeuble, dans la pèlerine d'un agent de police qui aurait recueilli le bébé au sortir du ventre de sa mère. Toutefois, selon son acte de naissance à l'état civil de Paris, Édith Giovanna Gassion est née au 4, rue de la Chine, adresse de l'hôpital Tenon, qui est effectivement l'un des établissements de santé les plus proches de la rue de Belleville. Née dans la misère, Édith Piaf est une enfant de la balle dont les ascendants appartenaient au monde du spectacle depuis deux générations.

Édith Gassion, dont le prénom a été choisi en hommage à Edith Cavell, une infirmière anglaise fusillée par les Allemands deux mois plus tôt, est la fille de Louis Alphonse Gassion, artiste de cirque contorsionniste et antipodiste (né à Falaise dans le Calvados le 10 mai 1881, mort le 3 mars 1944 à Paris) et d'Annetta Maillard (4 août 1895- février 1945), Line Marsa de son nom d'artiste, chanteuse de rue, née à Livourne (Italie) souvent présentée à tort comme d'origine kabyle algérienne, mais qui est en réalité partiellement d'origine berbère marocaine, par son grand-père maternel, Saïd Ben Mohamed, né à Mogador. Louis Alphonse Gassion est le fils de Victor Alphonse Gassion, Normand de Falaise, écuyer de cirque et de Léontine Louise Descamps, dite « Maman Tine », patronne d'une maison close à Bernay en Normandie. Annetta Maillard est la fille d'Auguste Eugène Maillard (1866-1912) et d'Emma Saïd Ben Mohamed, artiste de cirque, née à Soissons en 1876, décédée à Paris en 1930, fille de Said Ben Mohammed, artiste de cirque marocain, né à Mogador en 1827, mort en 1890 à Montluçon, et de Marguerite Bracco, d'origine italienne, née à Murazzano en 1830, décédée à Paris en 1898. Selon Arletty14, sur La Danse mauresque, l'un des panneaux du Décor de la baraque de la Goulue de Toulouse-Lautrec, Emma Saïd pourrait être la danseuse mauresque assise à droite, derrière La Goulue.

Après Édith, Louis Gassion et Annetta Maillard ont eu un second enfant, Herbert Gassion, né le 31 août 1918 à Marseille. À propos de sa mère, Herbert a dit : « Une grande artiste, mais qui n'a pas su forcer sa chance… Elle a chanté au Chat noir, au Mikado, au Monocle…  », puis part à la dérive « la dérive, le mot est gentil… », et Arletty raconte : « c'était pas la mère qui avait la voix de la fille, c'était la fille qui avait la voix de la mère ».

 

ENFANCE

 

Sa mère, Line Marsa, trop pauvre pour l'élever, la confie très petite à sa grand-mère maternelle, Emma Said Ben Mohammed qui habite rue Rébeval dans le XIXe arrondissement. Sa grand-mère ne se serait pas occupée d'elle, laissant la petite fille dans la saleté, ignorant l'eau et l'hygiène. Ses biberons, selon la légende, se seraient faits au vin rouge. Elle reste 18 mois dans cette pauvre demeure avant que son père en permission de retour du front, ou peut-être sa tante Zéphora, la confie à sa grand-mère paternelle, patronne d'une maison close à Bernay en Normandie. Édith est choyée par les prostituées de la maison, mangeant pour la première fois à sa faim, portant de jolies robes et buvant du lait de Normandie. Très jeune (un âge de 3 à 8 ans est évoqué selon ses biographies), elle est atteinte d'une kératite des deux yeux due vraisemblablement au manque de soins et d'hygiène. Selon la légende semi-historique forgée au cours des interviews, des articles dans les revues à grand tirage et des biographies successives, elle est frappée de cécité et sa grand-mère, ayant appris la guérison d'une gamine atteinte de la même maladie après qu'on avait prié pour elle sur la tombe de sainte Thérèse Martin à Lisieux, décide d'aller avec ses « filles » y demander la guérison de la petite, ou selon d'autres biographies, y emmène sa petite fille. On prend le train, on prie sur la tombe de Thérèse, on ramène de la terre qu'on lui applique en bandeau sur les yeux tous les soirs. Après huit jours environ, Édith est guérie. À la suite de cela, elle conservera toute sa vie une dévotion particulière à la « petite » Thérèse, dont elle gardera la médaille autour du cou sa vie durant. Il se trouve que Édith et Thérèse Martin sont cousines au 14e degré. À la suite de cet épisode de cécité temporaire, Édith est devenue croyante et ira régulièrement dans les églises en dehors des offices pendant ses tournées.

En 1922, son père la reprend avec lui, pour vivre la vie d'artiste de petits cirques itinérants, puis la vie d'artiste de rue indépendant et misérable. C'est, à l'image de sa mère, en chantant des airs populaires dans la rue avec son père qu'Édith révèle son talent et sa voix d'exception. Ils séjourneront à plusieurs reprises dans la petite ville de garnison de Mourmelon-le-Grand où se tenait le music-hall « l'Alcazar ». Selon la légende, elle l'accompagne en chantant d'abord La Marseillaise, la seule chanson qu'elle connaisse.

En 1930, elle quitte son père et chante en duo dans la rue avec Simone Berteaut, dite Momone, qui deviendra son amie, son alter ego et son « ange maudit ». En 1932, elle rencontre son premier grand amour, Louis Dupont, garçon- livreur. Tous les deux s'installent à Montmartre. Le 11 février 1933, âgée de seulement 17 ans, elle a une fille, Marcelle, de Louis Dupont devenu son amant. Deux ans plus tard, l'enfant meurt, sans doute d'une méningite, le 7 juillet 1935. Elle s'est essayée à cette époque à des emplois « normaux », bonne à tout faire, apprentie-crémière, mais reprend vite la chanson avec Momone, aussi bien dans la rue que dans les casernes et les bars à putes.

 

CHANTEUSE DE CABARET

 

À l'automne 1935, elle est découverte au coin de l'avenue Mac-Mahon et de la rue Troyon par Louis Leplée, gérant du cabaret Le Gerny's, sur les Champs-Élysées. À cette époque, Piaf fredonne principalement des chansons du répertoire de Fréhel. C'est Leplée qui devient son mentor et son père adoptif et qui, en l'engageant dans son cabaret, lui choisit comme nom d'artiste « la môme Piaf » (un « piaf », familièrement, est un moineau, et «  la môme Moineau » existait déjà) en raison de sa petite taille d'1,47 m héritée de son père et de sa silhouette gracile. Leplée lui fait rencontrer Jacques Bourgeat, philosophe et littéraire qui devient son professeur, son confident voire son confesseur.

En 1936, elle enregistre son premier disque, Les Mômes de la cloche, chez Polydor, et connaît un succès public et critique immédiat. Selon la mythologie, son premier succès a déjà eu lieu dans le cabaret de Leplée qui l'avait engagée initialement une semaine, mais où elle triompha pendant sept mois jusqu'à l'assassinat de Leplée dans son lit. Des petites frappes du milieu de Pigalle, connaissances ou amants de Piaf dont elle donne le nom au cours de sa garde à vue pendant 48 heures, sont évoquées comme les auteurs possibles mais l'affaire est classée faute de preuves. Cet évènement sera à l'origine d'une vindicte médiatique contre la chanteuse qui risque de la renvoyer d'où elle vient : la rue et les petits cabarets de misère. Mais le succès est là. Son talent et sa voix hors normes sont remarqués entre autres par le compositeur Raymond Asso, et par Marguerite Monnot, compositrice et pianiste virtuose, sa future et fidèle grande amie, qui l'accompagnera tout au long de sa carrière et composera les musiques de Mon légionnaire, Hymne à l'amour, Milord, Les Amants d'un jour. Elle passe ainsi à Bobino et à L'Européen à la fin du printemps.

Quelques disques et un peu de scène ne peuvent néanmoins nourrir une artiste débutante. À la fin de l'été, elle reprend contact avec Raymond Asso, auquel elle avait refusé Mon légionnaire (créé par celle à qui elle devait tant, Marie Dubas en 1935, titre que Piaf reprend début 1937, avec le Fanion de la légion). Après Leplée, Asso devient son nouveau mentor. Il la prend en main et la fait travailler pour en faire une chanteuse professionnelle de music-hall. À l'automne 1936, elle décroche l'Alhambra. Au printemps 1937, elle est à nouveau à Bobino. Mais, Édith veut plus : l'A.B.C., le plus prestigieux music-hall parisien.

 

VEDETTE DE MUSIC-HALL

 

En mars 1937, Édith Piaf entame sa carrière de music-hall à l'A.B.C. à Paris, où elle devient immédiatement une immense vedette de la chanson française, aimée du public et ses chansons sont diffusées à la radio. C'est à cette époque qu'elle rencontre Danielle Bonel, cette dernière deviendra sa secrétaire et confidente tout au long de sa carrière.

Star de la fin des années 1930, Piaf triomphe à Bobino, ainsi qu'au théâtre en 1940, dans Le Bel Indifférent, une pièce spécialement écrite pour elle par Jean Cocteau et qu'elle interprète avec succès en compagnie de son compagnon du moment, l’acteur Paul Meurisse (rôle muet). Toujours avec Paul comme partenaire, elle joue dans le film Montmartre-sur-Seine de Georges Lacombe (1941). C’est lors du tournage de ce long métrage qu’elle fait la connaissance d'Henri Contet, qui deviendra, à l’instar de Marguerite Monnot, l’un de ses paroliers fétiches.

Pendant l’occupation allemande, Édith, qui a définitivement troqué « La Môme Piaf » contre « Édith Piaf », continue de donner des concerts. Elle se rend à Berlin en août 1943 avec quelques artistes français dont Loulou Gasté, Raymond Souplex, Viviane Romance, Albert Préjean où elle pose devant la porte de Brandebourg à l'occasion d'un voyage censé promouvoir la chanson française. Elle cède cependant peu face à l’occupant nazi : elle interprète des chansons à double sens, évoquant la résistance sous les traits d’un amant (Tu es partout) et protège les artistes juifs menacés par la milice et les Allemands. En 1942, elle loge cependant dans une maison close « L'Étoile de Kléber » (seul logement chauffé en ces périodes de restrictions, situé 5 rue Villejust, aujourd'hui rue Paul-Valéry, elle en occupe tout le troisième étage) à deux pas du siège de la Gestapo 92, rue Lauriston, lupanar réservé à la clientèle du quartier le plus chic de Paris, notamment aux officiers nazis et aux collaborateurs.

Au printemps 1944, elle se produit au Moulin Rouge où le tout jeune chanteur de music-hall Yves Montand passe en première partie de son spectacle. C'est le coup de foudre et Édith Piaf, déjà célèbre et adulée, entreprend de l'initier aux ficelles du métier et à la vie d'artiste. Elle va propulser sa carrière en lui présentant des gens importants (et quelquefois de premier plan) dans le monde du spectacle de l'époque : Joseph Kosma, Henri Crolla, Loulou Gasté, Jean Guigo, Henri Contet, Louiguy, Marguerite Monnot, Philippe-Gérard, Bob Castella, Francis Lemarque…

C'est également cette année-là que le père d'Édith meurt. Elle perdra sa mère l'année suivante.

À la Libération, elle est blanchie par un comité d'épuration grâce au témoignage de sa secrétaire Andrée Bigard, membre de la Résistance qui, d'abord à son insu, l'implique dans ses actions et qui déclare que la chanteuse en tournée en Allemagne se serait laissé photographier avec des prisonniers français des stalags et que ces clichés auraient servi, de retour en France, à la fabrication de faux papiers pour faire passer ces prisonniers comme des membres de son orchestre et permettre à 118 d'entre eux de regagner la France en s'évadant.

À la Libération, Édith Piaf donna quelques récitals au cabaret, le Club des Cinq. C'est là que Marcel Cerdan l'entend pour la première fois.

En 1945, Piaf écrit l’un de ses premiers titres : La Vie en rose (qu'elle n'enregistrera qu'en 1946), sa chanson la plus célèbre, désormais devenue un classique. Elle joue également à la Comédie-Française.

Yves Montand devient à son tour une vedette du music-hall. Il débute au cinéma aux côtés de Piaf dans Étoile sans lumière, puis obtient son grand premier rôle dans Les Portes de la nuit, de Marcel Carné. Ils partent en tournée jusqu'en 1946, l'année où ils se séparent.

C'est en 1946 que la chanteuse rencontre Les Compagnons de la chanson, avec lesquels elle interprétera le célèbre morceau Les Trois Cloches de Jean Villard (dit Gilles). Elle part ensuite avec ses protégés donner des concerts en Europe du Nord pendant l’année 1947.

 

GLOIRE PTOFESSIONNELLES ET DESATRES PERSONNELS

 

De 1946 à 1948, Piaf est la compagne de Jean-Louis Jaubert, le directeur des Compagnons. Mais en 1948, alors qu'elle est en tournée triomphale à New York, elle vit la grande histoire d'amour de sa vie avec le boxeur français, né à Sidi Bel Abbès, Marcel Cerdan, qui devient champion du monde de boxe des poids moyens le 21 septembre 1948. Au début de l'année suivante, elle fait avec lui l'acquisition de sa première maison, un hôtel particulier à Boulogne-Billancourt acheté dix-neuf millions de francs à un milliardaire ruiné, Gilbert des Crances. Là, installée avec Simone Berteaut39, elle y compose l'Hymne à l'amour, chanté sur scène pour la première fois en septembre.

Le 28 octobre 1949, Cerdan meurt dans un accident d'avion sur le vol Paris-New York, aux Açores, alors qu'il venait la rejoindre. Parce qu'il n'y avait plus de place dans cet avion, un couple avait cédé, avec gentillesse, ses places au boxeur. Anéantie par la souffrance morale (ainsi que la culpabilité) et par une polyarthrite aiguë, Édith Piaf prend, pour calmer sa douleur, de fortes doses de morphine. Elle chantera son grand succès, Hymne à l'amour et également Mon Dieu, en sa mémoire. Elle installe dans son hôtel particulier les trois enfants de Marcel Cerdan et leur mère, Marinette. Son état reste cependant si délabré qu'elle se voit refuser des rôles au cinéma.

En 1951, le jeune auteur-compositeur-interprète Charles Aznavour devient son homme à tout faire et secrétaire, chauffeur et confident. Il lui écrit certaines chansons particulièrement notables comme Plus bleu que tes yeux, ou encore Jezebel, dans cet hôtel particulier au sortir du Bois de Boulogne où elle tient table ouverte mais qu'elle revend, avec ses tristes souvenirs, pour s'installer à Paris même, 67 boulevard Lannes. En contrepartie, Édith Piaf dénicheuse de talents conseille Aznavour, lance sa carrière débutante, lui apprend les ficelles du métier. Lorsque le jeune chanteur lui soumet la chanson Je hais les dimanches qu'il avait composée, Piaf manifeste son désaccord, faisant valoir le fait qu'il y avait suffisamment de travailleurs obligés ce jour-là à une journée de labeur41. En septembre 1951, elle entame avec le cycliste Louis (Toto) Gérardin, qui est marié et habite également au Parc des Princes, à mille mètres de chez elle, une nouvelle relation amoureuse qui tourne court dès février 1952. Passionnément éprise, elle continue une correspondance enfiévrée, jusqu'au 18 septembre 1952 (correspondance qui sera vendue aux enchères en 2009).

Deux jours plus tard, le 20 septembre 195243, elle épouse le chanteur français Jacques Pills en l'église Saint-Vincent-de-Paul de New York44. Son témoin est l'actrice Marlène Dietrich, qui a choisi la robe de mariée. L'événement est couvert par plus de soixante magazines.

 

CARRIERE UNTERNATIONALE

 

En 1953, devenue accro à la morphine administrée par les médecins après un accident de voiture en juillet 1951, elle entame sa première cure de désintoxication. Elle devient à cette époque une immense vedette de music-hall en Occident et en particulier aux États-Unis, où elle fait un triomphe en 1956 au Carnegie Hall de New York, dont elle devient une habituée. Cette même année, elle divorce.

En 1955, après plusieurs cures de désintoxication, elle se sort de son addiction à la morphine mais soigne sa polyarthrite rhumatoïde à hautes doses de cortisone et se réfugie dans l'alcool qui lui avait permis de noyer son chagrin depuis la mort de Marcel Cerdan.

De février 1958 à février 1959, elle connaît une histoire d'amour avec Georges Moustaki, qu'elle lance dans la chanson et avec qui elle a un grave accident de voiture le 6 septembre 1958, ce qui fait empirer son mauvais état de santé et sa dépendance à la morphine. Elle enregistre la chanson Milord (sur une musique de Marguerite Monnot), dont il est l'auteur, l'un de ses plus grands succès.

En 1959, Édith s'effondre sur scène durant une tournée à New York. Elle subit de nombreuses opérations chirurgicales (ulcères, hémorragies digestives) et revient à Paris en piteux état et sans Moustaki qui l'a quittée. Elle est cependant récompensée pour la chanson Milord au cours d'une émission de télévision du nom de TV Award.

En 1960, l'auteur-compositeur-interprète québécois Claude Léveillée vient travailler avec elle à Paris. Édith interprétera quatre de ses chansons : Le Vieux Piano (nouvelle version de sa chanson Les Vieux Pianos), Boulevard du Crime, Ouragan et La Voix (ballet).

En 1961, à la demande de Bruno Coquatrix, Édith Piaf donne à l'Olympia de Paris, menacé de disparition à cause de problèmes financiers, une série de concerts parmi les plus mémorables et émouvants de sa carrière. C'est dans sa salle de spectacle de prédilection qu'elle interprète Non, je ne regrette rien, une chanson qui lui colle à la peau et que Charles Dumont et Michel Vaucaire viennent d'écrire pour elle. Édith sauve l'Olympia de la faillite, mais a du mal à se tenir debout et à bouger du fait de sa polyarthrite très invalidante, et ne réussit à chanter que grâce à une importante perfusion de morphine.

En duo avec Théo Sarapo en 1962.

Le 9 octobre 1962, âgée de 46 ans, épuisée et malade, elle épouse Théo Sarapo (de son vrai nom, Théophánis Lamboukas), un jeune chanteur âgé de 26 ans. Ils chantent en duo À quoi ça sert l'amour ? écrit par Michel Emer, un de ses fidèles compositeurs.

Début 1963, elle enregistre sa dernière chanson, L'Homme de Berlin, écrite par Francis Lai (un des compositeurs de la fin de sa carrière, la moitié du récital de Nimègue en 1962, par exemple, est composée de ses chansons) et Michèle Vendôme.

Connue pour ses talents d'interprète, elle est également parolière : elle écrit au total 87 chansons, la première « Y en a un de trop » (1940) et la dernière « Le chant d’amour » (1963)

 

DECES

 

Édith Piaf meurt le 10 octobre 1963 à 13 h 10 à Plascassier (un quartier excentré de Grasse dans les Alpes-Maritimes) à l'âge de 47 ans d'une hémorragie interne (rupture d'anévrisme) due à une insuffisance hépatique, usée par les excès, l'alcool, la morphine, la polyarthrite rhumatoïde et les souffrances de toute une vie. Elle est morte dans les bras de Danielle Bonel, sa secrétaire et confidente tout au long de sa carrière. Le transport de sa dépouille dans son appartement , boulevard Lannes de Paris est organisé clandestinement et dans l'illégalité ; sa mort est annoncée officiellement le 11 octobre 1963 à Paris grâce à un faux certificat de décès post-daté de son médecin Claude Bernay de Laval, six heures avant le décès de son ami Jean Cocteau. Cocteau, avec qui Édith entretenait une correspondance suivie, apprenant la nouvelle de sa mort, a dit : « C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre ». Il a ajouté : « Je n'ai jamais connu d'être moins économe de son âme. Elle ne la dépensait pas, elle la prodiguait, elle en jetait l'or par les fenêtres », avant de mourir lui-même.

L'organisation des obsèques est encadrée par le préfet de la Seine Louis Amade. Le convoi funèbre du boulevard Lannes jusqu'au cimetière du Père-Lachaise est salué par un demi-million de personnes. L'inhumation a lieu au Père-Lachaise (division 97). Comme l'artiste a vécu en contradiction avec les valeurs morales du catholicisme, divorcé et mené une vie sexuelle « tumultueuse », l'Église catholique refuse de lui accorder des obsèques religieuses ; L'Osservatore Romano, journal du Vatican, écrit qu'elle a vécu « en état de péché public » et qu'elle était une « idole du bonheur préfabriqué ». Cependant, à titre personnel, l'aumônier du théâtre et de la musique, le père Thouvenin de Villaret, lui accorde une dernière bénédiction au moment de l'enterrement. Au moins 40 000 personnes, dont Marlene Dietrich, sont venues lui rendre un dernier hommage au cimetière. La foule hystérique est telle que le service d'ordre est débordé : des jeunes se hissent sur les mausolées, Bruno Coquatrix, bousculé, tombe dans la fosse.

Édith Piaf a été embaumée avant d'être enterrée. Elle se trouve dans un caveau où reposent également son père, Louis-Alphonse Gassion, mort en 1944, son second mari, Théo Sarapo, tué dans un accident de voiture en 1970, et sa fille Marcelle, morte en 1935, à l'âge de 2 ans.

 

 

PRINCIPALES CHANSONS

  • 1936 : Mon légionnaire, paroles de Raymond Asso et musique de Marguerite Monnot.
  • 1940 : L'Accordéoniste, paroles et musique de Michel Emer.
  • 1946 : Les Trois Cloches avec Les Compagnons de la chanson, paroles et musique de Jean Villard, dit Gilles.
  • 1946 : La Vie en rose, paroles d’Édith Piaf, musique de Louiguy et Marguerite Monnot (non créditée).
  • 1947 : Une chanson à trois temps, paroles et musique d'Anna Marly.
  • 1950 : Hymne à l'amour, paroles d’Édith Piaf et musique de Marguerite Monnot.
  • 1951 : La P'tite Lili, comédie musicale en 2 actes et 8 tableaux, livret Marcel Achard, musique Marguerite Monnot, A.B.C.
  • 1951 : Padam… Padam, paroles d’Henri Contet et musique de Norbert Glanzberg.
  • 1954 : Sous le ciel de Paris, paroles de Jean Dréjac et musique d’Hubert Giraud, du film Sous le ciel de Paris de Julien Duvivier.
  • 1956 : L'Homme à la moto, adaptation par Jean Dréjac du rock américain Black Denim Trousers And Motorcycle Boots de Jerry Leiber et Mike Stoller (voir récit dédié section « Bibliographie »).
  • 1956 : Les Amants d'un jour, paroles de Claude Delécluse et Michelle Senlis, musique de Marguerite Monnot.
  • 1957 : La Foule, paroles françaises de Michel Rivgauche. Pendant sa tournée en Argentine, Édith Piaf avait écouté Que nadie sepa mi sufrir (et qui porte aujourd'hui le titre Amor de mis amores dans ses reprises), paroles originales de Enrique Dizeo et musique de Ángel Cabral, et qui a donné naissance à La Foule.
  • 1958 : Mon manège à moi, paroles de Jean Constantin et musique de Norbert Glanzberg, reprise par Etienne Daho en 1993.
  • 1958 : Je sais comment, Paroles: Julien Bouquet, musique: Robert Chauvigny et Julien Bouquet, enr. 5 août 1959.
  • 1959 : Milord, paroles de Georges Moustaki et musique de Marguerite Monnot.
  • 1960 : Non, je ne regrette rien, paroles de Michel Vaucaire et musique de Charles Dumont.
  • 1960 : Mon Dieu, paroles de Michel Vaucaire et musique de Charles Dumont.
  • 1962 : À quoi ça sert l'amour, paroles et musique de Michel Emer.
  •  
  • LlSTE INTEGRALE DES CHANSONS D'EDITH PIAF : Cliquez ici !

 

FILMS

  • 1936 : La Garçonne de Jean de Limur : La chanteuse
    1941 : Montmartre-sur-Seine de Georges Lacombe : Lily
    1946 : Étoile sans lumière de Marcel Blistène : Madeleine
    1948 : Neuf garçons, un cœur de Georges Friedland : Christine
    1952 : Paris chante toujours de Pierre Montazel : Elle-même
    1954 : Boum sur Paris de Maurice de Canonge : Elle-même
    1954 : Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry : Une fille du peuple qui chante Ah ! ça ira
    1954 : Les Amants de demain de Marcel Blistène : SimoneFrench
    Cancan de Jean Renoir : Eugénie

 

HOMMAGES (Places, rues, monuments)

 

  • Le musée Édith-Piaf lui est consacré, rue Crespin-du-Gast dans le 11e arrondissement de Paris.
    Une statue de Piaf est érigée place Édith-Piaf, dans le XXe arrondissement de Paris.
    Le théâtre de Bernay, dans l'Eure, porte son nom.
  • Piaf est évoquée dans un des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.
  • Une salle de spectacle de Châteauroux porte son nom.
  • A Dugny (93) une place porte le nom de Parvis Edith Piaf. On y trouve par ailleurs la salle de spectacle communale.

 

INFOS

 

  • Nom de naissance : Édith Giovanna Gassion - surnommée La môme Piaf (1m47)
  • Date et lieu de naissance : 19 décembre 1915 à Paris
  • Date et lieu du décès : 10 octobre 1963 Plascassier Grasse (Alpes Maritimes)
  • Cause du décès : Hémoragie interne, cause abus de médicaments et alcool
  • Inhumée au cimetière du Père Lachaise
  •  
  • Liaison avec : LOUIS DUPONT (pas de date) Ils eurent une fille : Marcelle (1933 - décéda d'une méningite en 1935)
  • Liaison en 1945 avec le boxeur : MARCEL CERDAN - jusqu'au décès de Marcel le 28 octobre1949
  • Mariée le 20 septembre 1952 avec l'acteur : JACQUES PILLS - Divorcée en 1956
  • Mariée le 19 octobre 1962 avec : THÉO SARAPO -- Jusqu'au décès d'Édith en 1963. (Théo Sarapo décéda en 1970 à Limoges, France, à la suite d'un accident de voiture).
  • Liaisons probables : Paul Meurisse, Gilbert Bécaud, Yves Montand, Eddie Constantine, Georges Moustaki, Douglas Davis, John Garfield.

 

 

 

ANECDOTES

 

  • Son épouse Berinthia Berenson décéda à bord du vol de l'attentat du 11 septembre 2001
  • Son certificat de naissance indique quelle est née à l'hôpital Tenon, porte de Bagnolet.
  • Fille de Louis-Alphonse Gassion, acrobate-contorsionniste d'origine normande, et d'Annetta-Giovanna Maillard, dite " Line Marsa ", chanteuse populaire d'origine italienne.
  • En 1951 elle est victime d'un accident de voiture. Par la suite, elle eut des difficultés à se passer de morphine.
  • Elle épousera le 20 septembre 1952, un célèbre auteur outre-Manche, Jacques Pills (avec pour témoin Marlene Dietrich), mais le quittera en 1956.
  • Lors de sa première tournée américaine, le succès ne fut pas immédiat pour Edith Piaf. Alors qu'elle s'apprêtait à retourner en Europe, elle lut une excellente critique de son récital dans un journal New Yorkais. Elle décida de rester... et tenu l'affiche pendant quatre mois au cabaret Versailles !
  • Le 28 Octobre 1949, Marcel Cerdan, le boxeur chouchou des Français, vedettisé par sa liaison avec "la Môme" Edith Piaf, disparaît dans un accident d'avion aux Açores, îles portugaises en Atlantique. Pour une raison inconnue, l'appareil de la compagnie d'Air France...
  • Elle est décédée à Mougins, Alpes-Maritimes, ou elle venait souvent. Mais pour ses admirateurs et les médias la « môme Piaf » ne pouvait disparaître qu'à Paris, donc, ses proches l'ont assise dans la voiture, comme si elle était vivante et l'ont transportée discrètement jusqu'à Paris, où ils ont annoncé sa mort... en plus, Jean Cocteau apprenant sa disparition a fait un malaise cardiaque et l'a rejointe quelques heures plus tard. (Anecdote de Christine Lacroix de Mougins)

 

GFDL

 

Autres biographies

 

 

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